Selon des informations exclusives révélées par le très renseigné magazine Africa Intelligence, le président togolais Faure Gnassingbé s’apprête à atterrir ce 17 novembre à Moscou pour un entretien crucial avec Vladimir Poutine. Au cœur de cette visite, la situation sécuritaire au Sahel et particulièrement au Mali, dont la capitale Bamako est actuellement menacée par les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim). La présence de forces paramilitaires russes dans la zone, notamment à travers Africa Corps qui assiste la junte du général Assimi Goïta, confère à ces discussions une dimension stratégique majeure.
Sur le plan sécuritaire, le Togo et la Russie entretiennent des relations de plus en plus étroites. La Douma a ratifié en octobre dernier un accord de coopération militaire entre Lomé et Moscou, visant à encadrer la formation des Forces armées togolaises (FAT), l’échange de renseignements et la conduite d’exercices conjoints. Depuis plusieurs années, Moscou multiplie les offres de son catalogue d’équipements militaires aux FAT, dans un contexte où la Russie cherche à renforcer son influence en Afrique de l’Ouest. Au-delà des questions sécuritaires, Faure Gnassingbé, à la tête d’une délégation d’acteurs privés jusqu’au 19 novembre, abordera également les accords dans le secteur des transports et des infrastructures.
Le volet économique de cette visite s’annonce tout aussi substantiel. Le chef de l’État togolais entend négocier le commerce des céréales et surtout se positionner comme facilitateur de l’importation d’engrais russes pour la sous-région ouest-africaine. La mutualisation par plusieurs pays africains de l’achat d’intrants à la Russie devrait constituer un axe central des échanges. Cette visite intervient six ans après le dernier déplacement de Faure Gnassingbé en Russie, lors du sommet Russie-Afrique d’octobre 2019. Les contacts réguliers entre les deux pays sont animés par les ministres des affaires étrangères Robert Dussey et Sergueï Lavrov. En 2024, Moscou avait même étudié le scénario de l’ouverture d’une ambassade à Lomé, témoignant de l’approfondissement des relations bilatérales.
