Après une journée d’incertitude sur son lieu de détention, l’ex-magistrat guinéen Algassimou Diallo a été localisé dans une prison éloignée de la capitale. L’administration pénitentiaire a confirmé ce dimanche 6 septembre son transfert vers Macenta, une décision que ses avocats jugent injustifiée.
L’inquiétude a duré près de 24 heures. Ce samedi 5 septembre, les avocats d’Algassimou Diallo ont alerté sur la disparition de leur client de sa cellule, sans obtenir d’information des autorités sur son sort. Le lendemain, l’administration pénitentiaire guinéenne a mis fin au doute : le magistrat a bien été transféré, mais loin de Conakry — à la maison d’arrêt et de correction de Macenta, à environ 700 kilomètres à l’est de la capitale.
Les autorités pénitentiaires justifient ce déplacement par une simple mesure de gestion administrative des établissements et affirment que Diallo y reste détenu dans le cadre du mandat de dépôt le visant. Une explication que ses défenseurs contestent fermement, réclamant des preuves tangibles de sa présence effective à Macenta et jugeant le motif avancé insuffisant pour justifier un tel éloignement.
Un magistrat déchu, désormais poursuivi
Ancien avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo a été radié de la magistrature sur décision du chef de la junte guinéenne, Mamadi Doumbouya. Il est aujourd’hui poursuivi pour incitation à la haine et à la violence ainsi que pour association de malfaiteurs, des accusations liées à des échanges qu’il aurait eus avec l’opposant exilé Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre. Son procès s’est ouvert le 4 septembre devant la Cour suprême avant d’être reporté au 8 septembre.
La trajectoire de Diallo marque un contraste frappant avec son parcours récent : il s’était fait connaître l’an dernier en dirigeant le parquet lors du procès du massacre du 28 septembre 2009, un rassemblement de l’opposition réprimé dans le sang à Conakry, qui avait fait au moins 156 morts et abouti à la condamnation de plusieurs hauts gradés militaires.
Ce transfert intervient dans un climat de pression croissante sur l’opposition guinéenne, entre exils forcés, poursuites judiciaires et restrictions de l’espace politique sous le régime de Mamadi Doumbouya.
