Le Bénin s’est retrouvé cette semaine cité parmi les acteurs présumés d’une tentative de coup d’État déjouée au Niger dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août. Ce vendredi 4 septembre, le porte-parole du gouvernement béninois a fermement écarté toute implication de Cotonou dans cette affaire, rappelant que le Bénin n’est pas l’ennemi du Niger.
Des accusations portées par un officier nigérien
C’est le capitaine Roger Gabriel qui a mis en cause le Bénin, dans un récit détaillant les différents acteurs qu’il présente comme impliqués dans la tentative de putsch repoussée fin août. Selon ses déclarations, le président béninois Romuald Wadagni se serait rendu à Abidjan pour y installer une cellule de crise, ce qui reviendrait à désigner le Bénin, aux côtés de la Côte d’Ivoire, comme un soutien du groupe de militaires à l’origine de la tentative de coup d’État.
À ce stade, aucune autorité officielle nigérienne n’a repris ces accusations à son compte.
Cotonou dément et appelle à passer à autre chose
Face à ces allégations, le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, a tenu à rappeler la position constante de son pays : le Bénin n’est pas l’ennemi du Niger et s’oppose, aujourd’hui comme demain, à toute déstabilisation de ce pays voisin. Il a jugé peu probable que ces accusations trouvent un quelconque écho, estimant qu’il serait plus utile de consacrer son temps à d’autres sujets que ces allégations à l’encontre du Bénin.
Ce n’est pas la première fois que Cotonou se retrouve cité après une attaque survenue au Niger. À l’image de la Côte d’Ivoire ou de la France, le Bénin est habitué à ce type d’accusations et s’emploie systématiquement à démontrer sa non-implication.
Une mise en cause qui intervient en pleine normalisation diplomatique
Le contexte rend ces accusations d’autant plus sensibles que Cotonou et Niamey sont engagés depuis plusieurs mois dans un processus de réchauffement de leurs relations, après des années de tensions. Cette dynamique de rapprochement est née de l’initiative du président béninois Romuald Wadagni qui, dès sa prise de fonction, avait affiché son ambition de normaliser les relations du Bénin avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Les avancées ont été particulièrement rapides avec le Niger au cours des dernières semaines. À la suite de la visite de Romuald Wadagni à Niamey, un comité de travail a été mis en place pour définir les modalités d’une réouverture de la frontière entre les deux pays, fermée depuis le coup d’État de juillet 2023. Les conclusions de ce comité ont déjà été soumises aux autorités compétentes et restent en attente d’une validation définitive.
Ces accusations pourraient ainsi peser sur un dialogue bilatéral encore fragile, alors que les deux pays semblaient s’orienter vers une normalisation durable de leurs relations.
