Au Gabon, dans l’atmosphère feutrée de la Chambre de Commerce de Libreville, s’est jouée ce vendredi 4 avril une rencontre décisive à dix jours du scrutin présidentiel. Les responsables du Rassemblement des Bâtisseurs (RDB) et les leaders associatifs gabonais ont tracé les contours d’une campagne inédite, fondée sur l’inclusion et l’efficacité opérationnelle.
Une méthode qui rompt avec les pratiques du passé
Luck Ondias Souma, Coordinateur National Adjoint en charge des associations, a posé d’emblée le ton : “Nous écrivons une nouvelle page de l’histoire politique gabonaise”. Devant une assemblée composée des représentants de plus de cinquante associations, il a détaillé une feuille de route précise, rompant avec les approximations habituelles des campagnes électorales. “Chaque structure a reçu un mandat clair, un territoire d’action défini et des objectifs quantifiables”, explique-t-il, soulignant la volonté du candidat Oligui Nguema d’ancrer sa démarche dans le concret.
La transparence comme credo
Frank Nze Ndong Nze, Trésorier en charge des associations, a surpris plus d’un participant en présentant un budget détaillé de la campagne associative. “Nous avons affiché tous les chiffres, jusqu’au dernier franc CFA”, confie un jeune leader présent dans la salle. Cette transparence inédite tranche avec l’opacité qui caractérisait traditionnellement les financements politiques au Gabon. Les modalités de distribution des gadgets de campagne – souvent sujet à polémique – ont été exposées avec une précision qui a visiblement convaincu l’auditoire.
Des associations transformées en relais de terrain
L’originalité de cette rencontre réside dans le rôle actif confié à la société civile. “Nous ne sommes pas là pour applaudir, mais pour co-construire”, insiste la présidente d’une association de femmes entrepreneures. Les participants ont travaillé par ateliers thématiques, élaborant des stratégies ciblées pour toucher les différentes composantes de la population gabonaise. Du quartier populaire de Mindoubé aux entreprises de la zone économique de Nkok, chaque territoire dispose désormais d’un maillage associatif spécifique.
Une dynamique qui dépasse les clivages
Ce qui frappe dans cette alliance, c’est sa diversité. Aux côtés des traditionnelles associations de développement, on retrouve des collectifs de jeunes diplômés, des regroupements d’artisans, et même d’anciennes organisations critiques du pouvoir. “Le RDB a réussi là où d’autres ont échoué : créer un mouvement qui transcende les divisions habituelles”, analyse un observateur politique présent dans la salle.
La machine s’accélère à l’approche du scrutin
Avec moins de dix jours avant l’élection, la rencontre a pris des allures de briefing opérationnel. Les responsables du RDB ont distribué des kits comprenant supports de communication, argumentaires thématiques et calendrier de mobilisation. “Nous passons à la vitesse supérieure”, annonce Frank Nze Ndong Nze, dévoilant un dispositif de veille qui permettra de remonter en temps réel les préoccupations du terrain.
L’ombre portée d’Oligui Nguema
Si le candidat n’était pas physiquement présent, son esprit a habité toute la réunion. Plusieurs intervenants ont souligné comment sa philosophie du “faire ensemble” imprègne la démarche du RDB. “Ce n’est pas une campagne électorale classique, c’est un mouvement citoyen”, résume un participant, visiblement conquis par cette nouvelle manière de faire de la politique.
Alors que la nuit tombait sur Libreville, les leaders associatifs quittaient les lieux avec une détermination renouvelée. Dans leurs valises, bien plus que des gadgets de campagne : la conviction d’être les acteurs d’un moment historique pour le Gabon. Reste à savoir si cette belle mécanique résistera à l’épreuve des urnes le 12 avril prochain. Une chose est sûre : le modèle participatif initié par le RDB a déjà marqué des points dans les cœurs avant même de les marquer sur les bulletins de vote.
