Nommé à la tête d’un ministère stratégique élargi, le successeur de Foli-Bazi Katari hérite d’une feuille de route ambitieuse, de la préparation de la COP30 et du défi de la reconversion verte.
Le Professeur Komla Dodzi Kokoroko, réputé pour sa rigueur administrative et son leadership, a officiellement pris les commandes du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique. Une nomination qui intervient à un moment crucial, alors que le Togo, comme nombre de pays africains, est en première ligne face aux effets du changement climatique.
Un portefeuille élargi pour des défis colossaux
Anciennement connu sous l’appellation de ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, ce département voit ses compétences stratégiquement élargies à la protection côtière et au changement climatique. Cette refonte illustre la volonté du gouvernement de concentrer ses efforts sur les enjeux les plus pressants.
Le Prof. Kokoroko succède à Foli-Bazi Katari, qui a porté l’une des politiques phares du gouvernement : le projet « un milliard d’arbres d’ici 2030 ». La tâche du nouveau ministre est de poursuivre cette dynamique tout en accélérant la marche vers les objectifs du plan Togo 2025. Parmi ceux-ci figurent l’augmentation du taux de couverture forestière à 25% d’ici 2025, la protection de 90% des côtes contre l’érosion et l’atteinte de 3% de véhicules électriques dans les ventes de véhicules neufs.
Un contexte d’urgence climatique
Le défi est de taille. Le Togo est en proie à des phénomènes climatiques de plus en plus marqués : dérèglement des saisons, sécheresses, inondations, baisse des rendements agricoles et prolifération de ravageurs. Ces réalités impactent directement les populations, notamment les agriculteurs qui peinent à prédire les cycles pluviaux.
La pression sur les ressources forestières reste une préoccupation majeure. Avec une statistique alarmante qui révèle que huit millions d’arbres sont coupés annuellement contre seulement trois millions plantés, la nécessité d’une “prise de conscience collective”, comme le soulignait l’ancien ministre Katari, est plus que jamais d’actualité.
Premières actions et vision stratégique
Dès son entrée en fonction, le Prof. Kokoroko a montré sa détermination à instaurer une gouvernance transparente. Il a immédiatement lancé une opération de fiabilisation des données relatives aux activités forestières, exigeant de tous les opérateurs la régularisation de leurs agréments. « Cette initiative est une étape cruciale pour garantir la traçabilité des produits forestiers et faire respecter les normes », a commenté un responsable du ministère.
Lors de la cérémonie de passation de charges, le nouveau ministre a dévoilé sa philosophie : « Dans ce ministère, nous devons aller au-delà du service public. Nous devons assumer un devoir moral et républicain envers les générations présentes et futures. Ensemble, gardons le Togo bleu, vert et viable ».
La COP30 au Brésil : une tribune internationale majeure
L’agenda du ministre est déjà chargé. Une priorité immédiate le conduit directement sur la scène internationale : la préparation de la Conférence des Parties sur le climat (COP30), prévue en novembre 2025 à Belém, au Brésil. Une réunion ministérielle s’est d’ailleurs tenue le 8 octobre pour définir les projets prioritaires que le Togo défendra.
Ce rendez-vous mondial représente une tribune stratégique pour le pays et pour le continent africain, faible émetteur de gaz à effet de serre mais fortement vulnérable. Le Prof. Kokoroko, reconnu pour son sens du dialogue et son esprit d’innovation, sera attendu pour porter haut la voix du Togo dans des négociations climatiques cruciales.
Une mission au carrefour de l’avenir
En résumé, la protection des forêts, la gestion durable des ressources, la lutte contre l’érosion côtière et l’adaptation au changement climatique constituent l’immense chantier qui attend le Professeur Kokoroko. Homme de terrain et de réflexion, il devra mobiliser toutes les parties prenantes pour transformer la volonté politique en actions concrètes et résultats tangibles, afin d’assurer un avenir viable aux générations futures.
