À 34 ans, la journaliste et spécialiste de l’innovation numérique Sinatou Saka a officiellement pris ses fonctions de Directrice Générale de la Société de Radio et Télévision du Bénin ce lundi 27 juillet 2026. Un profil forgé à RFI et France 24, au service d’une institution publique en pleine mutation.
Le paysage audiovisuel public béninois a une nouvelle capitaine. Sinatou Saka, 34 ans, a officiellement pris la direction générale de la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB SA) ce lundi 27 juillet 2026, succédant à Ogountchina Koundé à la tête de l’institution née de la restructuration et de la fusion des médias du service public béninois. Une nomination saluée dans la corporation journalistique comme le signe d’un leadership féminin affirmé au service de la modernisation des institutions publiques.
Un parcours international au service du retour
Originaire de Porto-Novo, Sinatou Saka s’est construite une réputation solide dans les rédactions les plus exigeantes de la sphère francophone africaine et internationale. Elle a forgé ses armes à Radio France Internationale, avant d’exercer comme cheffe de projets éditoriaux à France 24 — deux institutions médiatiques dont les exigences journalistiques et les ambitions numériques ont profondément marqué sa vision du métier.
Mais c’est vers le continent qu’elle a orienté une partie significative de son énergie professionnelle. À RFI, elle a piloté le Challenge App Afrique, initiative dédiée à la création de solutions numériques répondant aux besoins des villes africaines — en matière de scolarisation des filles, de santé ou de gestion des services urbains. Elle est également à l’origine d’Idémi, une plateforme de création et de diffusion de contenus numériques en langues africaines, outil rare qui place la valorisation des langues du continent au cœur d’un projet éditorial concret.
Loin d’être une nomination parachutée, son arrivée à la tête de la SRTB est le prolongement logique d’un engagement progressif : revenue à Cotonou depuis plusieurs mois pour ancrer ses activités au pays, elle représentait déjà la Présidence de la République au Conseil d’administration de la SRTB en qualité de première déléguée. La connaissance des rouages internes de l’institution lui permet d’aborder ses nouvelles fonctions sans période de découverte.
Des défis à la hauteur du profil
La feuille de route qui l’attend est ambitieuse. Moderniser les équipements et adapter les formats au passage au tout-numérique, reconquérir un jeune public massivement migré vers les réseaux sociaux et les plateformes digitales, renforcer la qualité et la diversité éditoriale des programmes : autant de chantiers qui exigent précisément le profil hybride — journaliste rigoureuse et stratège du numérique — que Sinatou Saka incarne.
À 34 ans, elle prend la tête d’une institution publique à un moment où les médias audiovisuels africains sont sommés de se réinventer ou de perdre leur pertinence. Son pari est de démontrer qu’un service public peut rester au cœur du débat citoyen tout en épousant les codes d’une consommation médiatique profondément transformée.
