Il y a tout juste un an, dans la nuit du 9 juillet 2024, Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, militant emblématique du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), était arraché à son domicile du quartier Commandanyah par des hommes cagoulés et armés. Son ami et voisin, Mamadou Billo Bah, subissait le même sort. Aujourd’hui, leurs familles, toujours sans nouvelles, vivent dans l’angoisse et le silence imposé.
Une maison vide, une famille brisée
Devant la maison des Sylla, l’atmosphère est lourde. “La maison est calme, c’est vide… On sent ce vide-là, ici… Ils nous manquent énormément”, confie une proche sous anonymat. Les enfants de Foniké Menguè ne comprennent pas l’absence de leur père. “Un an sans savoir où est passé ton mari, ton frère… Surtout ses enfants qui se demandent où est leur père”, ajoute-t-elle, la voix tremblante.
Des démarches vaines, une peur omniprésente
Les familles affirment avoir multiplié les recours auprès des autorités judiciaires et politiques, sans résultat. Pire, la crainte des représailles étouffe toute voix dissidente. “Même les avocats ont peur de s’impliquer”, déplore Bah Ibrahim.
Saïkou Baldé, membre du Parlement citoyen, appelle à intensifier la pression sur le pouvoir militaire : “Nous exigeons des réponses. Un an sans aucune information, c’est intolérable. Ceux qui les détiennent doivent les libérer.”
Un climat de répression généralisée
Les cas de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah s’inscrivent dans une vague de répression visant opposants, journalistes et avocats en Guinée. Arrestations arbitraires, tortures et disparitions forcées se multiplient, dans un contexte de durcissement du régime depuis le coup d’État de 2021.
Un an après, une question demeure : Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah sont-ils encore en vie ? Leur sort, comme celui de nombreux autres Guinéens, reste un symbole des libertés étouffées sous la transition.
