Cotonou, le 4 mars 2026 – Un séisme politique secoue l’opposition béninoise. L’ancien chef de l’État, le Dr Thomas Boni Yayi, a officiellement démissionné de la présidence de son parti, Les Démocrates, a appris KAWERU ce mercredi 4 mars 2026. Cette décision met un terme à plusieurs années de leadership incontesté de l’ex-président (2006-2016) à la tête de la principale force d’opposition du pays.
Ce départ intervient dans un climat de crise interne aiguë. Selon des sources proches du parti, des divergences profondes sur la stratégie politique à adopter pour la présidentielle de 2026 ont fragilisé l’unité de la formation. Ces tensions internes ont été exacerbées par un revers judiciaire majeur : la Cour constitutionnelle a récemment invalidé la participation du parti Les Démocrates au scrutin, en raison d’un défaut de parrainages. Cette décision a plongé le parti dans l’incertitude et accentué les pressions sur sa direction.
Le départ de Thomas Boni Yayi, figure tutélaire de l’opposition, laisse le parti face à un immense défi de renouvellement. Les cadres et militants doivent désormais se mobiliser pour assurer la continuité et redéfinir d’urgence les orientations stratégiques, alors que l’échéance électorale se profile.
Cette démission est d’autant plus marquante qu’elle semble acter une rupture plus large au sein de la direction du parti. Selon nos informations, le fils de l’ancien président, Chabi Boni Yayi, a également déposé sa démission des instances du parti ce même mercredi, renforçant l’hypothèse d’un désaccord familial et politique de fond sur la gestion actuelle de la formation.
Fondé pour incarner une alternative politique crédible face au pouvoir en place, Les Démocrates se retrouvent aujourd’hui orphelins de leur fondateur. Cette démission soulève de nombreuses questions sur l’avenir du parti et sur le rôle personnel que Thomas Boni Yayi entendra jouer dans les prochaines échéances.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, la direction du parti n’a pas encore communiqué officiellement sur l’identité d’un éventuel successeur ni sur le calendrier d’une transition. Les instances internes devraient se réunir dans les prochains jours pour tenter de gérer cette crise, annoncer une nouvelle feuille de route et tenter de maintenir le parti comme un acteur crédible sur l’échiquier national.
Les semaines à venir seront cruciales pour Les Démocrates, qui devront prouver leur capacité à survivre à ce double choc : l’invalidation de leur candidature et le départ de leur leader historique.
