La nuit du 28 au 29 janvier a été marquée par de violents affrontements dans la zone de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. Des tirs nourris et de fortes détonations, entendus peu après minuit par les riverains, ont duré près de deux heures avant que le calme ne soit rétabli aux alentours de 2 heures du matin. Selon plusieurs témoignages et images filmées par des habitants, de longues traînées lumineuses ont illuminé le ciel, signe d’une activation de la défense anti-aérienne, vraisemblablement en réponse à une attaque de drones.
Une zone stratégique sous tension
L’aéroport de Niamey, situé à une dizaine de kilomètres de la présidence, est une zone hautement sensible. Il abrite une base aérienne, un QG de la Force unifiée du Sahel (Niger, Burkina Faso, Mali) et une base de drones récemment construite. Surtout, selon des images satellite datées du 12 janvier 2026, une importante cargaison d’uranium y serait actuellement stockée, au cœur du contentieux entre le Niger et l’entreprise française Orano. Des images non vérifiées montreraient des flammes de plusieurs mètres et des véhicules calcinés sur place. Les sirènes des pompiers se dirigeant vers l’aéroport ont également été signalées.
Mobilisation des soutiens à la junte
Si la situation semblait redevenue calme en milieu de nuit, des appels à la mobilisation ont rapidement circulé. Des soutiens au régime militaire au pouvoir ont incité la population à descendre dans les rues de la capitale pour « défendre le pays ». Par ailleurs, un avion de ligne en provenance d’Alger, qui devait atterrir à Niamey, a été dérouté vers Ouagadougou, au Burkina Faso, selon des analyses en sources ouvertes.
Un contexte sécuritaire déjà très dégradé
Cet incident survient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires et politiques. Le Niger, comme ses voisins du Sahel, fait face à une pression continue des groupes jihadistes, responsables de près de 2 000 morts dans le pays en 2025 selon l’ONG Acled. Les attaques, notamment attribuées à l’Etat islamique ou à Boko Haram, frappent régulièrement l’ouest et le sud-est du territoire, parfois à quelques dizaines de kilomètres seulement de la capitale.
Aucun bilan officiel ni commentaire des autorités n’a été publié dans l’immédiat concernant l’origine de cette attaque, ses éventuelles victimes ou les dégâts matériels. L’enquête se poursuit pour déterminer la nature exacte de cet épisode violent qui a une nouvelle fois mis en lumière la vulnérabilité des infrastructures stratégiques nigériennes.
