Les partis pro-Talon remportent la totalité des 109 sièges. Les Démocrates, principal parti d’opposition, échouent à franchir le seuil électoral.
Cotonou, 18 janvier 2026 – Six jours après le double scrutin législatif et local du 11 janvier, la Commission électorale nationale autonome (Cena) a proclamé vendredi soir des résultats qui consacrent l’hégémonie totale de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale béninoise.
Un parlement monocolore
L’Union progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc républicain (BR), les deux partis soutenant le président Patrice Talon, se partagent l’intégralité des 109 sièges du parlement. L’UPR obtient 60 députés avec 41% des voix, tandis que le BR réalise une percée remarquable en passant de 28 à 49 sièges grâce à 36% des suffrages.
Cette configuration laisse le Bénin sans aucune voix d’opposition parlementaire, une situation déjà observée en 2019 lorsque l’opposition n’avait pu participer au scrutin.
Les Démocrates exclus malgré 16% des voix
Le parti Les Démocrates, dirigé par l’ancien président Thomas Boni Yayi, n’a pas atteint le seuil de 20% des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions électorales, condition imposée par la réforme du code électoral pour prétendre à des sièges.
Avec 16% des voix au niveau national, Les Démocrates se positionnent pourtant comme troisième force politique du pays. Le parti a remporté plusieurs villes du nord, dont Parakou, mais a échoué dans les bastions du sud et même reculé à Cotonou, son fief traditionnel.
Guy Mitokpè, secrétaire national à la communication des Démocrates, avait dénoncé avant le scrutin un système de coalitions obligatoires qu’il qualifiait d'”accords antinomiques proches de la compromission”. Le parti a refusé de s’allier avec des formations pro-pouvoir pour franchir le seuil électoral.
Une participation en berne
Seuls 37% des électeurs se sont déplacés pour ces législatives, confirmant la désaffection croissante des Béninois pour des échéances électorales marquées par l’absence d’opposition et les tensions politiques.
Quelles conséquences politiques ?
Ces résultats offrent à Romuald Wadagni, candidat du pouvoir à la présidentielle d’avril 2026, la perspective d’un mandat avec un parlement entièrement acquis à sa cause. Il est donné très largement favori pour succéder à Patrice Talon.
Pour Les Démocrates, déjà exclus de la présidentielle et des municipales, l’absence totale d’élus constitue un coup dur. Sans représentation institutionnelle, le parti ne dispose plus de parrains potentiels pour les futurs scrutins, hypothéquant gravement ses chances pour la présidentielle de 2033.
La Cour constitutionnelle doit maintenant proclamer les résultats définitifs, tandis que la Cena s’apprête à annoncer les résultats des élections municipales et communales.
