La Coupe d’Afrique des Nations 2025 a livré une finale d’anthologie, mais aussi d’une violence inédite, ce dimanche au stade Moulay Abdellah de Rabat. Dans un climat de tension extrême, le Sénégal a arraché sa deuxième couronne continentale (1-0 a.p.) face au Maroc, pays hôte, après une rencontre qui a basculé dans le chaos à la dernière seconde du temps réglementaire.
Sur le papier, l’affiche était parfaite. D’un côté, le Maroc, porté par tout un pays et une génération dorée. De l’autre, le Sénégal, machine de guerre africaine la plus régulière du moment. La première période a tenu ses promesses, avec du rythme et deux occasions cristallines : une tête de Pape Gueye repoussée par Yassine Bounou (12e) et un face-à-face manqué par Ndiaye, stoppé par le gardien marocain (38e).
La deuxième mi-temps a vu les Lions de l’Atlas prendre l’ascendant, mais buter sur leur inefficacité. El Kaabi, servi à souhait par El Khannouss, a tiré à côté (58e), avant qu’Abde Ez ne manque le cadre de peu (62e). Ces occasions gâchées allaient hanter le Maroc.
Alors que le match filait vers les prolongations, le drame a éclaté dans l’ultime seconde du temps additionnel. Sur un corner, l’arbitre a signalé un penalty pour le Maroc après un contact de Formose Mendy sur Brahim Diaz, suite à une consultation du VAR. La décision a provoqué un séisme. Les joueurs sénégalais, hors d’eux, ont menacé de quitter le terrain. Pire : dans les tribunes, des supporters sont entrés en confrontation, des projectiles ont été lancés et des stadiers ont été agressés, nécessitant l’intervention des secours. La scène, apocalyptique, a gelé le stade pendant plus de vingt minutes.
Dans une ambiance délétère, le penalty a finalement été tiré. Brahim Diaz a tenté une Panenka, mais Édouard Mendy, héros du soir, l’a facilement captée. L’arbitre a immédiatement sifflé la fin du temps réglementaire, semant une incompréhension générale.
Électrisés, les Lions de la Teranga ont alors asséné le coup de grâce en prolongation : sur un corner, Pape Gueye a fulminé une frappe dans la lucarne de Bounou (105e). Réduit à dix après la sortie sur blessure d’Hamza Igamane, le Maroc n’a pu renverser la vapeur malgré une ultime vague d’assaut.
Le coup de sifflet final a sonné dans un mélange d’explosion de joie sénégalaise et de colère marocaine. Le Sénégal soulève le trophée et ajoute une deuxième étoile à son palmarès, dans des conditions qui marqueront longtemps les mémoires. Pour le Maroc, le rêve d’un triomphe à domicile s’est brisé dans le chaos, laissant un goût d’amertume et d’immense frustration après une finale qui a dépassé le cadre du sport.
