Au Bénin, l’échiquier politique béninois connaît une escalade verbale préoccupante. Le Parti du Renouveau Démocratique (PRD) a rompu le silence aujourd’hui par un communiqué cinglant dénonçant les attaques répétées contre son président, Me Adrien Houngbédji, ancien président de l’Assemblée nationale et figure respectée de la démocratie béninoise.
Un ton inhabituel dans le paysage politique
Le document, signé par Gratien Laurent Ahouanmenou, secrétaire général adjoint du PRD, ne mâche pas ses mots. Il dépeint un climat politique délétère où “certaines personnalités, y compris membres du gouvernement”, se livreraient à des “propos injurieux et indignes” à l’encontre du leader de l’opposition. Le parti parle sans détour de “dérive verbale” et de “mépris pour le débat démocratique”, des accusations graves dans un pays souvent cité en exemple pour sa stabilité politique en Afrique de l’Ouest.
Houngbédji : cible d’une opposition croissante ?
Me Adrien Houngngbédji, avocat de formation et vétéran de la vie politique béninoise, semble cristalliser les tensions depuis plusieurs mois. Ses prises de position récentes, notamment lors du Sommet des jeunes le 15 avril dernier, ont visiblement touché un nerf sensible. Lors de cette intervention, l’ancien président de l’Assemblée nationale avait mis en garde contre les “risques d’exclusion” lors des prochaines élections générales de 2026, martelant que “la démocratie ne saurait exister sans opposition”.
Ces déclarations font écho à ses critiques de février dernier, où il dénonçait “l’exclusion politique” comme source des tensions actuelles et plaidait pour une large réconciliation nationale incluant le retour des exilés et la libération des prisonniers politiques. Des propos qui, selon nos informations, auraient provoqué de vives réactions dans les cercles du pouvoir.
Les élections de 2026 déjà dans tous les esprits
La référence aux législatives controversées de 2019 dans le communiqué du PRD ne doit rien au hasard. En invitant à “laisser tout le monde être candidat”, Me Houngbédji semble tirer les premières leçons d’un scrutin qui avait vu l’exclusion de plusieurs partis d’opposition, donnant lieu à une assemblée nationale sans véritable contre-pouvoir. Une situation que le PRD semble déterminé à ne pas voir se reproduire.
Appel au retour à la retenue
Face à cette escalade verbale, le PRD lance un appel solennel à la “retenue” et au “respect mutuel”, valeurs cardinales selon le parti pour préserver les acquis démocratiques du Bénin. Le communiqué met en garde contre les conséquences de ces attaques qui porteraient atteinte “non seulement à l’honneur des personnes visées, mais également à l’image du pays”.
Une démocratie béninoise à l’épreuve
Cet épisode intervient dans un contexte politique tendu, où la question de l’inclusivité des processus électoraux devient un sujet de plus en plus brûlant. Alors que le Bénin s’était distingué par des transitions démocratiques exemplaires, la classe politique semble aujourd’hui confrontée à des défis inédits qui testent la résilience de ses institutions.
Le dialogue en péril ?
Alors que le spectre des élections de 2026 plane déjà sur le débat public, la sortie musclée du PRD pose une question cruciale : le Bénin parviendra-t-il à préserver la qualité de son dialogue politique, socle de sa stabilité depuis le renouveau démocratique des années 90 ? La réponse à cette interrogation pourrait bien déterminer le visage de la démocratie béninoise pour les années à venir.
