À six jours du scrutin présidentiel, le QG de campagne du Rassemblement des Bâtisseurs (RDB) a délocalisé ses opérations dans le 6e arrondissement de Libreville, transformant ce dimanche ordinaire en une véritable répétition générale avant l’échéance décisive du 12 avril. Entre les ruelles animées de Nzeng-Ayong et les artères commerçantes de la Cité de la Démocratie, une délégation de haut niveau du parti a mené une opération coup de poing, ultime démonstration de force avant le jour J.
Une descente de terrain minutieusement orchestrée
Dès 8 heures du matin, le quartier s’est réveillé au son des motos-taxi arborant les couleurs jaune et bleu du RDB. En l’absence du Coordonnateur national, retenu par une réunion stratégique, c’est son adjoint en charge des associations qui a pris les rênes de cette opération spéciale. Flanqué du Trésorier général et d’une dizaine de cadres locaux, il a supervisé avec une précision militaire la distribution des derniers gadgets de campagne : tee-shirts frappés du slogan “CBON, le choix logique”, casquettes et cartes électorales plastifiées avec les emplacements des bureaux de vote.
“Nous ne faisons pas du porte-à-porte, nous tissons des liens définitifs”, a lancé le Coordonnateur adjoint aux militants rassemblés devant le siège d’arrondissement. Sa démonstration a pris des allures de briefing militaire : cartes du quartier déployées sur le capot d’un 4×4, zones sensibles identifiées au marqueur rouge, liste des leaders d’opinion locaux à contacter en priorité. Chaque rue, chaque immeuble, chaque commerce a été passé au crible d’une stratégie conçue pour maximiser l’impact des derniers jours de campagne.
Les associations locales, armée silencieuse du changement
Dans l’arrière-salle du marché de Nzeng-Ayong, la rencontre avec les responsables associatifs a révélé l’infrastructure invisible de la campagne. Présidents d’associations de jeunes, responsables de groupes de femmes, leaders religieux et même présidents de clubs de football ont tour à tour exposé leur travail de terrain. “Nous avons converti chaque match de quartier en meeting politique déguisé”, a expliqué fièrement le président d’un club local, brandissant des photos de joueurs en maillots floqués aux couleurs du RDB.
Le Trésorier général, habituellement discret, a surpris l’assemblée par un discours cash : “Certains distribuent de l’argent, nous nous distribuons de l’espoir concret.” Son annonce d’un fonds spécial post-électoral pour les projets associatifs a déclenché une ovation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 87 associations mobilisées dans l’arrondissement, 2 340 volontaires formés, 15 000 foyers visités en trois semaines.
Ultimes consignes pour la bataille finale
La délégation a réservé ses dernières énergies au quartier le plus stratégique : la Cité de la Démocratie. Entre deux poignées de mains avec des commerçants, le Coordonnateur adjoint a détaillé le plan final :
D-5 à D-2 : Opération “Chaque voix compte” avec vérification des inscriptions électorales
D-1 : Chaîne humaine symbolique sur l’avenue Triomphale
Jour J : Dispositif “Zéro électeur oublié” avec navettes gratuites
“Regardez autour de vous, a-t-il conclu en désignant les immeubles environnants. Derrière chaque fenêtre, il y a une famille qui attend autre chose que des promesses. Le 12 avril, nous leur offrirons des actes.”
L’heure des comptes
Alors que le soleil déclinait sur Libreville, la délégation a quitté le 6e arrondissement avec un bilan contrasté. D’un côté, l’enthousiasme palpable des militants et l’efficacité d’un dispositif rodé. De l’autre, les défis persistants : taux d’abstention record chez les jeunes lors des dernières élections, concurrence féroce des autres candidats dans ce bastion traditionnellement disputé.
Cette ultime démonstration de force du RDB révèle une machine électorale bien huilée, mais pose aussi une question cruciale : le maillage associatif et le terrain conquis suffiront-ils à faire basculer ce quartier populaire, souvent considéré comme le miroir des aspirations et des déceptions de la jeunesse librevilloise ? Réponse dans six jours, lorsque les urnes parleront pour tout le Gabon.
