Le président français en visite d’État a salué les réformes des nouvelles autorités gabonaises. Les deux pays ambitionnent de diversifier leur partenariat autour des infrastructures, de la transformation locale et de la défense.
Les relations entre le Gabon et la France ont marqué un nouveau chapitre ce 23 Novembre par la visite d’État du président Emmanuel Macron, reçu avec les honneurs par son homologue, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette rencontre, très symbolique, visait à acter un « nouveau départ » dans la coopération bilatérale, fondé sur une « perspective gagnant-gagnant ».
Une réception solennelle pour un nouveau départ
Dès son arrivée à Libreville, le président français a été accueilli par un cérémonial protocolaire des plus stricts : salves de 21 coups de canon, revue des troupes et défilé militaire. Cette solennité, soulignée par la communication présidentielle gabonaise, traduisait l’importance accordée par Libreville à cette visite, la première d’un président français depuis la transition.
Les deux chefs d’État se sont ensuite isolés pour un entretien en tête-à-tête au Palais Rénovation, au cœur de la capitale gabonaise.
Du chemin de fer au manganèse : des partenariats concrets
Au-delà des symboles, la visite a été l’occasion d’actes concrets. Un protocole d’accord a été signé concernant un financement de l’Agence française de développement (AFD), sur fonds européens, dédié à la modernisation et la sécurisation du Chemin de Fer Transgabonais (CFTG), un pilier de l’économie nationale.
Dans ses propos, le président Oligui Nguema a insisté sur la transformation économique du Gabon. Il a invité les entreprises françaises à s’associer à cette dynamique, dans un cadre de « transparence et de bonne gouvernance », se référant explicitement aux recommandations du FMI. Il a également pointé du doigt le groupe minier français Eramet, l’exhortant à « respecter ses engagements » pour générer des emplois pour la jeunesse gabonaise, notamment via la transformation locale du manganèse.
Une coopération « revisitée » et élargie
Du côté français, Emmanuel Macron, « honoré » de l’accueil, a salué « les réformes économiques et structurelles engagées par les nouvelles autorités ». Il a réaffirmé la volonté de la France d’accompagner cette ambition.
Le partenariat envisagé dépasse le cadre économique traditionnel. Paris a exprimé son souhait de soutenir le Gabon dans des projets variés comme la gestion des déchets et les infrastructures. Surtout, la coopération de défense est appelée à être « redynamisée ». L’objectif est de faire du Gabon une « référence régionale » grâce, notamment, à la création d’écoles nationales à vocation régionale et d’une Académie nationale de protection environnementale, dédiée à la lutte contre l’orpaillage illégal et le braconnage.
Une vision partagée pour l’avenir
À l’issue des discussions, les deux parties se sont félicitées de l’excellence d’une « coopération bilatérale revisitée ». Après des mois de turbulences, Libreville et Paris affirment vouloir construire une relation apaisée, désormais fondée sur le « respect mutuel, la confiance et une vision partagée de l’avenir ». Cette visite semble ainsi acter une refondation attendue de la relation entre les deux pays, avec l’ambition commune d’en faire un modèle de partenariat équilibré et tourné vers le développement concret.
