Mahamadou Bonkoungou, le visionnaire à la tête du géant Ebomaf, se retrouve au cœur d’une controverse qui dépasse largement le simple fait divers économique. Ce qui se présente comme une simple affaire de gestion bancaire pourrait bien cacher un véritable coup de semonce dans le monde des grands contrats africains.
Une offensive médiatique ciblée
Les récentes publications de Confidentiel Afrique et Libération Sénégal ont allumé une mèche aux conséquences imprévisibles. En associant subtilement le nom de Bonkoungou à des dysfonctionnements présumés dans des filiales bancaires, ces médias ont déclenché une onde de choc sur les réseaux sociaux. La technique est connue : par un habile jeu de proximité sémantique, on crée une confusion entre actionnariat et gestion opérationnelle. Pourtant, comme le rappelle avec force le communiqué d’Ebomaf, IB Bank Burkina Faso et IB Bank Togo fonctionnent avec une autonomie managériale totale.
Le paradoxe Bonkoungou
Comment un homme célébré il y a peu pour ses chantiers pharaoniques – routes, barrages, infrastructures – se retrouve-t-il sous les feux des critiques ? La réponse tient peut-être dans le modèle même qu’incarne le PDG d’Ebomaf : celui d’une Afrique qui se construit par elle-même, sans toujours recourir aux mastodontes étrangers. Ses réalisations parlent pour lui : des milliers d’emplois créés, des infrastructures critiques livrées, et surtout, la démonstration qu’une entreprise africaine peut rivaliser avec les plus grands groupes internationaux.
Certains y voient même une tentative de déstabilisation avant l’attribution de méga-contrats dans le cadre de la ZLECAf (Zone de Libre-Echange Continentale Africaine).
La contre-offensive d’Ebomaf
La réaction du groupe a été à la hauteur de sa réputation : ferme, précise, mais sans agressivité inutile. En rappelant les distinctions juridiques entre les différentes entités, le communiqué frappe juste. Mais plus subtilement, Ebomaf renvoie l’ascenseur en mettant en avant les réalisations concrètes de son leader, un argument massue face à des accusations pour le moment peu étayées.
Le risque d’un précédent dangereux
Cette affaire pose une question cruciale : jusqu’où peut-on aller dans la mise en cause d’entrepreneurs africains sans fragiliser tout l’écosystème économique continental ? En ciblant systématiquement les success stories locales, ne risque-t-on pas de décourager toute une génération d’ambitieux ? Le cas Bonkoungou pourrait bien devenir un test décisif pour l’équilibre entre liberté de la presse et protection de la réputation des acteurs économiques.
L’Afrique face à ses contradictions
Derrière cette polémique se cache un débat plus fondamental sur le développement africain. D’un côté, des médias qui jouent leur rôle de contre-pouvoir. De l’autre, des entrepreneurs qui construisent concrètement l’avenir du continent. Le juste milieu reste à trouver entre nécessaire transparence et encouragement aux initiatives locales.
Alors que l’Afrique tente de construire son autonomie économique, le destin d’hommes comme Bonkoungou dépasse largement leur simple personne. Ils incarnent une possibilité : celle d’un continent maître de son développement. Cette tempête médiatique, si elle révèle des tensions inévitables, ne doit pas faire oublier l’essentiel : les réalisations concrètes qui changent le quotidien de millions d’Africains.
